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Après le COVID-19 : le Secrétaire général de l’ONU prône une « reprise économique verte »

28 avril, 2020

Lors d’une conférence réunissant quelque 35 pays sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a plaidé pour que la reprise économique qui suivra la pandémie de COVID-19 soit basée sur une économie verte.

Cette conférence, organisée les 27 et 28 avril, présidée par le ministère allemand de l’Environnement, est appelée « Dialogue de Petersberg sur le climat (PCD) ». Le Royaume-Uni, en tant que président de la prochaine conférence sur le changement climatique (COP 26), en est le co-président.

De hauts responsables gouvernementaux ont discuté des mesures qui pourraient ouvrir la voie à une reprise économique verte après la pandémie de COVID-19. L’autre objectif était de parvenir à un accord international sur des réductions ambitieuses des émissions de carbone malgré le report de la COP 26 (prévue à Glasgow en novembre 2020 et reportée sine die).

Dans son discours, António Guterres a souligné combien la pandémie de COVID-19 a « bouleversé la vie de milliards de personnes dans le monde entier, infligeant de graves souffrances et déstabilisant l’économie mondiale », exposé « la fragilité de nos sociétés et de nos économies aux chocs, et a mis à nu de profondes inégalités qui menacent la réalisation des Objectifs de développement durable ».

« Alors que nous nous préparons à surmonter la pandémie du coronavirus, nous avons une occasion unique d’orienter le futur de notre monde vers une trajectoire plus durable et plus inclusive – une trajectoire qui s’attaque au changement climatique, protège l’environnement, freine la dégradation de la biodiversité et assure la santé et la sécurité de l’humanité à long terme », a déclaré le Secrétaire général.

« Un retard dans la lutte contre le changement climatique nous coûtera chaque année beaucoup plus cher en termes de vies et de moyens de subsistance perdus, d’entreprises paralysées et d’économies endommagées. Le coût le plus élevé est celui de l’inaction », a-t-il averti.

Pour une transition verte et inclusive

Le chef de l’ONU a proposé six actions pour relancer l’économie en tenant compte des impératifs du réchauffement climatique :

  • Alors que nous dépensons des milliers de milliards pour nous remettre de la crise du COVID-19, nous devons créer de nouveaux emplois et de nouvelles entreprises en assurant une transition verte et propre. Les investissements doivent accélérer la décarbonisation de tous les aspects de notre économie.
  • Lorsque l’argent des contribuables est utilisé pour sauver des entreprises, il doit permettre de créer des emplois verts et une croissance durable et inclusive. Il ne doit pas servir à sauver des industries dépassées, polluantes et à forte consommation de carbone.
  • La force de frappe budgétaire doit faire passer les économies du gris au vert, en rendant les sociétés et les personnes plus résilientes grâce à une transition juste et qui n’abandonne personne.
  • Les fonds publics doivent investir dans l’avenir, en s’orientant vers des secteurs et des projets durables qui aident l’environnement et le climat. Les subventions pour les combustibles fossiles doivent cesser et le carbone doit avoir un coût afin que les pollueurs paient pour leur pollution.
  • Le système financier mondial, en façonnant les politiques et les infrastructures, doit tenir compte des risques et des opportunités liés au climat. Les investisseurs ne peuvent pas continuer à ignorer le coût d’une croissance non durable pour notre planète.
  • Pour résoudre ces deux situations d’urgence, nous devons travailler ensemble en tant que communauté internationale.

Reconstruire notre monde en mieux

« La communauté internationale a une occasion en or d’orienter le monde sur une voie plus durable et plus inclusive », a-t-il ajouté.

« Pour résoudre ces deux urgences (NDLR la pandémie de COVID-19 et le réchauffement climatique), nous devons travailler ensemble en tant que communauté internationale. Comme le coronavirus, les gaz à effet de serre ne connaissent pas de frontières. L’isolement est un piège. Aucun pays ne peut réussir seul ».

Les scientifiques ont averti qu’il reste peu de temps si le monde veut atteindre l’objectif principal de l’accord de Paris sur le climat de 2015 et maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 degrés Celsius, idéalement 1,5 C. Certains ont également comparé la stratégie adoptée par les pays pour lutter contre la pandémie – l’idée d’aplatir la courbe des infections pour que les systèmes de santé ne s’effondrent pas – à la nécessité de réduire le taux d’émissions de gaz à effet de serre qui sont à l’origine du réchauffement climatique.

En conclusion, le Secrétaire général a souligné : « Nous disposons d’une rare et courte fenêtre d’opportunité pour reconstruire notre monde en mieux. Profitons de la reprise économique post-pandémie pour jeter les bases d’un monde sûr, sain, inclusif et plus durable pour tous les peuples ».

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